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mardi 27 mars 2018

Le chemin de l'excès conduit au palais…


Dans ce qui est actuellement appelé « le procès Tarnac », la journée d'hier — lundi 26 mars 2018 — fut essentiellement consacrée à l'étude des scellés issus des perquisitions effectuées le mardi 11 novembre 2008 lors de la fameuse (mais guère fructueuse) « Opération Taïga ».

Ce jour-là la « bibliothèque partisane » de Tarnac fut délestée de nombre de livres n'ayant de rapport avec l'émeute, le chaos ou la subversion que par leur titre — tel Le principe d'anarchie. Heidegger et la question de l'agir, de Reiner Schürmann, ouvrage assez introuvable à l'époque et que les enquêteurs ont à la réflexion sans doute préféré revendre sur Amazon plutôt que de le verser dans la procédure.

Et ce même jour, à 500 km plus au nord, d'autres policiers sagaces tout aussi avisés de l'objet de leurs investigations ont saisi dans une maison de Rouen un DVD gravé intitulé Le grand détournement, qui ne traite en rien de sabotage* ni de ralentissement des flux ou de déviations inopinées mais qui quant à lui reste conservé dans les scellés (et demeure un judicieux film de montage).

Puisque la notion même de « détournement » semble à ce point suspecte aux yeux de la SDAT, de la police, de la justice, comment ne pas s'étonner de cet étendard publicitaire apposé aujourd'hui même sur la façade du palais de justice de Paris ?



* À propos de sabotage, on a appris ce matin que le spécialiste en caténaires de la SNCF, venu témoigner ce matin, demeurait à Clichy-sous-bois allée des Sabotiers.

vendredi 23 mars 2018

Au paddock, les barbouzes rient ?



 Hé oui, tout ça n'est pas bien carré alors ça branle dans le manche rond car nos lampes errent…

Ah, ce PV 104 qui joue à […], quelle joie :
C'était-y au-dessus ou en dessous de l'autoroute qu'ils sont passés, bougre de bon sang de bois ?!

En ce moment précis du vendredi 23 mars 2018, le tribunal, qui s'est « transporté sur place » (ce n'est pas une reconstitution et c'est rarissime : l'audience continue avec public et presse, mais pas dans l'enceinte du palais de justice : en rase campagne), se réchauffe dans la salle des fêtes de Dhuisy en attendant la nuit afin de vérifier les positions possibles des véhicules durant la nuit du 7 au 8 novembre 2008. Buffet offert par la défense et les parties civiles.


’tain ! qui y était pour t'inquiéter ?

mercredi 24 janvier 2018

Les membres les plus respectables
arrivent à pied par la Chine


Mystère supplémentaire : qu'est-ce qui peut bien attirer ainsi le regard acéré de l'énigmatique producteur-éditeur, par-delà le profil de la belle de jour ? Et pourquoi s'est-il coiffé de ce minuscule tarbouche ?

Une heure pour ne rien du tout apprendre sur Gérard Lebovici, fondateur de l'agence Artmédia et des éditions Champ Libre : un documentaire diffusé en deux parties sur France Culture les 13 et 14 janvier.



mercredi 20 décembre 2017

Echenoz s'expose


Jusqu'au 5 mars 2018, la Bibliothèque Publique d'Information du centre Beaubourg consacre une exposition à Jean Echenoz, assaisonnée de quelques fioritures autour de son œuvre.

Naturellement, France Culture a consacré plusieurs émissions à cet événement, la plus intéressante à mon sens étant celle de Marie Richeux mercredi 13 décembre (annoncée pour la veille, mais bah ! qui s'en soucie ?) :



Peu auparavant, Jean Echenoz a été l'invité de la première partie de La grande table du 4 décembre



… et encore avant, le 28 novembre, Tewfik Hakem lui avait consacré son émission matinale, où intervenait notamment Gérard Berthomieu :






Dans le cadre de cet entretien, un livre saute aux yeux dans la bibliothèque d'Echenoz derrière Berthomieu, peu après Moby Dick de Melville : L'instinct de mort, de Jacques Mesrine, dans son édition originale chez Jean-Claude Lattès.


Et c'est là qu'une coïncidence s'établit comme pure évidence pour moi, qui — après avoir tout avalé d'Echenoz mais pas repu pour autant, babines toujours aussi ruisselantes — me suis mis à me délecter de l'un de ses proches (et pas qu'en littérature) : Jean Rolin.
Jean Rolin (dont la lecture semblerait peut-être certes plus laborieuse au premier abord, tellement impérieusement descriptive, mais sur laquelle on s'arqueboute tant elle est en sus jouissive d'autant), Jean Rolin qu'on entend d'ailleurs dans l'émission de Marie Richeux susmentionnée, virtuellement aux côtés de Manchette ; Jean Rolin qui écrit dans La Clôture, roman publié en 2002 chez P.O.L., pp. 25-26 :

La porte de Clignancourt marque une première rupture dans le paysage du boulevard Ney, caractérisé jusque-là par un habitat très dense, tandis que désormais les trous dans le tissu urbain vont s'élargir et se multiplier. Au-delà de Clignancourt, le boulevard est bordé côté sud, en contrebas de la chaussée, par la tranchée du chemin de fer de ceinture. Parallèle à cette tranchée et la surplombant de plusieurs mètres, la rue Belliard présente dans sa première partie un alignement d'immeubles disparates, dont le plus luxueux, ou du moins le plus bourgeois, accueillit Jacques Mesrine et sa compagne Sylvie Jeanjaquot dans les derniers temps de leur cavale : c'est quelques minutes après avoir quitté cet immeuble, le 2 novembre 1979, au volant d'une BMW 528 de couleur gris-brun métallisé, que Mesrine devait trouver la mort porte de Clignancourt, à l'angle du boulevard Ney, criblé d'une vingtaine de projectiles par les hommes du commissaire Broussard.


Extrait d'un JT du 2 novembre 1979
(désolé pour le démarrage intempestif, que je ne parviens pas à sucrer)
N'est-elle pas touchante, la façon dont ces misérables témoins exultent de participer médiatiquement à cet assassinat ?
Tous chantent, oui.

Puisque le nom « Belliard » évoque donc depuis ce jour de lynchage sans sommation  celui de Mesrine, et puisque Echenoz a choisi de nommer « Béliard » le douteux diablotin qui innerve deux de ses romans (Les grandes blondes et Au piano — mais j'espère bien y revenir un jour), quoi de plus normal, après tout,  qu'on aperçoive un souvenir de Jacques Mesrine dans la bibliothèque de Jean Echenoz ?

vendredi 15 décembre 2017

C'est pas un bobard




Connaissez-vous Jacques Barbaut,
Fils de Joseph d'Arbaud et de Greta Garbo ?
Il trouv' Lis(e) bonne mais s' barbe au Tage :
Sait-il seulement qu'on y nage ?
C'est qu'il préfèr' la mer* (Valéry ou Larbaud ?)

* : Que les freudo-œdipiens s'abstiennent de toute remarque, ça lasse :
« La mer, la mer toujours recommencée »
— Comment c'est ?

jeudi 30 novembre 2017

Carfi, c'est fini



Christophe Carfantan, batteur, percussionniste, comédien, inextinguible feu d'artifice vivant, Christophe Carfantan, alias Carfi lorsqu'il jouait au sein des groupes Berlin 38, les Free Martin ou le Cartel del Barrio, puis alias Kerfi lorsqu'il s'installa au fin fond de la Bretagne et créa avec Duke Les ténors de Brest puis avec Scott Taylor L'Atelier Grandélire, puis la compagnie Les pilleurs d'épaves avec Momette et El Kerfi Marcel avec Marcel Jouannaud, etc., etc., mais pour moi toujours depuis trente ans Carfi, né en 1963 à Pierrelatte, est mort vendredi 24 novembre à Douarnenez d'un crabe qui le bouffait depuis un an.

Un article bien documenté ici, un hommage parmi d'autres , mais surtout des montagnes de fabuleux souvenirs, et pas que pour moi...
Quelques exemples, pour les ceusses qui n'ont pas eu la chance de le connaître.

Avec Marcel, dans la roulotte que Carfi avait conçue avec les Rouille-Gorge pour servir à la fois de lieu d'habitation et de scène itinérante :





Et puis sa présentation du Manège Salé fabriqué par les Rouille-Gorge, qu'il animait ces dernières années entre deux tournées :



Enfin, une séquence d'entretien, juste pour montrer comment il était au naturel : exactement pareil qu'en représentation, tel qu'en lui-même enfin l'éternité le change.

vendredi 24 novembre 2017

Un adage de Sémites non-belliqueux, plus traditionnaires que traditionalistes



« Gardons-nous de mettre
la charia avant l'hébreu ! »